Le déodorant le plus efficace de la stratosphère

Il faut bien le dire, au tribunal des produits de beauté, le déo c’est un peu le Jacques Mesrine de la bande.

Avec ses gaz propulseurs quand il est en spray, ses sels d’aluminium qu’on ne présente plus voire son odeur de brise marine (déodorant/désodorisant, même combat) quand il est mal choisi, on le voit déjà en train de répondre à l’interrogatoire, toutes lampes braquées sur lui. Devant l’accusé défilent les photos de traces jaunes sur les bords de manches de tee-shirts et de chemisiers, des traces blanches sur le pull quand on l’enfile trop vite et d’accusations encore bien plus graves ( je tairai les détails de cette affaire mais ça parle d’odeurs peu ragoûtantes dans le métro une fois les premiers rayons de soleil venus. Un peu comme quand vous laviez pas votre Sim (réflexion des années 90’s)).

Fébrile, le déo ne pipe mot. En face de lui, on hurle : « Pourquoi es-tu si méchaaaaaaant ? ». Franchement, cessons ce moment de cruauté, le déo ne répondra jamais. Mais la conclusion est la suivante : vous venez de recevoir une balise de détresse de vos aisselles qui aspirent à plus de naturel.

Plusieurs solutions. La plus simple, c’est la pierre d’alun. J’ai jamais testé, comme je veux réduire au maximum les emballages, le stick en plastique me gêne un peu. Et puis côté aluminium contenu dedans, les avis sont partagés.

Ensuite, il y a le bicarbonate de soude. Une demi-cuillère à café de bicarbonate de soude mélangé à un peu d’eau et appliqué sur la peau et il paraît que ça fait des miracles. Evidemment si je l’avais testé je serais un peu l’UFC-Que choisir. Ce n’est donc pas le cas MAIS je vous propose ma troisième solution.

TUTO COSMETO #2 : LE DEODORANT NATUREL

La recette du déodorant le plus efficace de ce bas-monde. Librement inspirée et légèrement modifiée d’après celle trouvée dans Génération végétale (un chouette bouquin dont je vous reparlerai) et qui vient en fait de la blogueuse Antigone XXI (ce blog est une pépite)

Comme d’habitude, j’ai ici récupéré un pot de crème pour le corps vide et un petit pot de confiture pour me faire un format « voyage ».

Ensuite, je prends le trio d’huiles essentielles suivant : lavande aspic (pour l’odeur fleurie), menthe poivrée (pour le côté fraîcheur et anti-bactérien) et arbre à thé (pour le côté anti-bactérien). Mais ça peut varier. Antigone XXI, dans sa recette, par exemple, privilégie HE de palmarosa et de lavande officinale. En la matière, je fais aussi avec ce que j’ai, sinon on se retrouve vite avec autant de flacons d’huiles essentielles chez soi qu’un herboriste collectionneur depuis 1928 (de père en fils).

Une fois les HE choisies, voici…

Notez que la cire d’abeille n’est pas obligatoire. En fait, c’est elle qui va déterminer la texture de votre déo. L’huile de noix de coco que vous voyez là est à l’état solide. Autour de 23°, elle fond comme huile de coco neige au soleil. Donc votre déo devient presque liquide. Quand je suis chez moi sans trop voyager, je le laisse au frigo, en le mettant dans de petits moules pour en faire une « barre » que j’applique comme un stick, c’est hyper frais le matin. Mais quand je sais que je ne pourrai pas emporter mon frigo avec moi (oui, le problème des frigos c’est qu’ils sont encombrants), je me prépare une version « de voyage » avec de la cire d’abeille et là, la texture est beaucoup plus crémeuse. C’est celle que vous voyez sur les photos.

Bon, toutes ces précisions faites, ça y’est, vous êtes prêtes à préparer une quantité de déo pour plusieurs mois (je ne reviens pas sur l’indéniable avantage économique de cette solution).

Dans un récipient, je mets l’huile de noix de coco et la cire d’abeille que je fais fondre au bain-marie. Quand les deux sont mélangées, j’ajoute la fécule puis le bicarbonate de soude. Enfin, quand mon mélange est homogène, j’ajoute 10 gouttes d’HE de lavande aspic, 10 gouttes d’HE de menthe poivrée et 3 d’HE d’arbre à thé. Je re-mélange et verse tout dans mon pot de crème préalablement bien nettoyé (alcool à 90° encore et toujours, ce sont des produits d’hygiène, n’oublions pas).

Dernière chose. Pour la cire d’abeille, j’utilise des pastilles de la Droguerie écologique. L’idéal étant bien sûr d’avoir un apiculteur à qui acheter sa cire en barres (à Paris, j’avais été un peu prise de court, faute avouée à moitié pardonnée, hein ?).

D’ailleurs, deuxième confession, la première fois que j’ai mis ce déo, j’étais pas hyper convaincue non plus. J’en avais un de secours dans le sac et je guettais mes bras toutes les 33 secondes. Ce petit malin de déo résistant plutôt bien, je suis allée faire du sport, et là, je suis ressortie avec des papillons autour du corps et des effluves de lavande fraîchement cueillie après la rosée du matin. Du moins, c’est comme ça que je l’ai vécu. J’avais (évidemment) les joues bien rouges, le cheveu en berne et perdu un demi-litre d’eau mais pas d’odeur. Ce jour là a complètement accéléré la procédure d’adoption de celui que j’appelle désormais SD (super déo, ce surnom hyper original n’est pas protégé, libre à vous de le reprendre. Ou pas).

9 thoughts on “Le déodorant le plus efficace de la stratosphère

    • Bonjour Karine,

      tu veux dire que tu ajoutes de l’argile blanche à la préparation ? A quoi ça sert ? Je suis curieuse ! Pour les HE, effectivement, je mets le tea-tree pour le côté antibactérien et ensuite c’est essentiellement pour parfumer et garder une sensation de fraîcheur mais c’est un peu à l’appréciation de chacune (tout en étant attentive aux HE photosensibles qui potentiellement peuvent poser problème l’été…)

      Bonne journée à toi

  1. Juste une petite question.. ça ne risque pas de laisser des traces grasses sur les vêtements au niveau des aisselles ? Merci pour ce Blog!

    • Bonjour Aurélie,

      crainte effectivement légitime que la tienne. Comme j’utilise la cire d’abeille pour donner une texture plus crémeuse au déodorant, je dois dire qu’il adhère bien à la peau et ne coule pas du tout sur les vêtements. Après, l’été, cela laisse de légères marques sur les vêtements de couleur claire mais rien à côté des déos traditionnels. Je me souviens à l’époque où j’utilisais des déos classiques qu’ils tachaient les vêtements fortement au niveau des aisselles (tâches jaunâtres notamment) voire qu’ils rendaient le tissu plus rigide. Or, avec les produits naturels, en tout cas dans mon cas, tout disparaît une fois passé en machine. Et une fois encore, la trace, quand il y en a est vraiment minime (perso je le vois juste sur le blanc et en été par forte chaleur).

      Merci de ton commentaire en tout cas, ça donne le sourire et j’espère pouvoir publier très bientôt plein de nouvelles astuces (dès que mon travail m’en laissera le temps 🙂

      Bonne journée

  2. Bonjour à toi,
    Je viens de découvrir ton site et je pense me lancer dans du « je fais tout maison » 🙂
    Par contre je petite question « bête » comment appliques-tu ta mixture ? :/

  3. Bonjour,
    J’ai testé aujourd’hui mais ce ń’est pas une grande réussite. Le mélange est tout dur (malgré la cire), je suis obligée de le chauffer dans les mains avant d’en l’appliquer, mais ça s’effrite, j’en mets partout, une horreur …
    une astuce pour rattraper ? ( pourtant j’ai respecté les quantités ), dois-je ajouter un autre ingrédient ?
    Merci pour vos conseils

    • Bonsoir Ade,

      c’est justement la cire qui rend le déodorant plus dur. L’huile de coco a une température de fusion autour de 28 degrés et c’est justement pour que le déo résiste aux chaleurs de l’été que je rajoute de la cire. Effectivement, en hiver ou avec des températures tempérées, cela peut être un peu dur. Dans ce cas, j’en dépose une noisette au creux de la main et le frotte du bout des doigts jusqu’à obtenir une texture plus onctueuse. Personnellement, je n’ai jamais eu de problème en procédant de la sorte.

      J’espère que cela va marcher !

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